mardi 17 mars 2026

Les Fraises Électriques-Crispation Parasite

Pour le fun, je me suis lancé dans la musique comme on branche un ampli sans savoir ce qui va sortir. J’ai écrit des textes, j’ai balancé tout ça dans Suno, et boum : me voilà avec un album sous le bras, comme une rockstar du dimanche (En vrai, c’est un peu comme monter un meuble suédois sans notice : ça a l’air simple… mais tu y passes la nuit). Depuis, deux autres albums et un EP ont vu le jour, preuve que quand la machine est lancée, difficile de la freiner. L’IA permet le fantasme ultime : enregistrer des disques sans studio hors de prix, sans tournée épuisante, sans casser sa guitare sur scène. Faut juste prendre ça pour ce que c’est : du plaisir pur, du bruit, des idées qui prennent vie, et une bonne dose de second degré. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures : on crée, on s’amuse, rock’n’roll, version XXIe siècle.  Mais bon, le progrès c’est sympa… mais rien ne vaut le charme intemporel d’une chambre d’hôtel retournée et d’une télé en chute libre au petit matin.


★★★✩☆ Avec Crispation Parasite, Les Fraises Électriques signent un premier album nerveux, sale et étonnamment habité. Exit une partie des détours Rockabilly des débuts : le groupe serre les boulons et plonge tête la première dans un garage rock tendu, nourri de surf toxique, de glam cabossé et d’un grunge râpeux qui suinte encore l’huile chaude. Dès les premières mesures, le ton est donné : guitares fuzz, basse martelée comme une chaîne de montage et batterie jouée à l’urgence. Le son est volontairement brut, presque abrasif, mais jamais brouillon. On sent un groupe qui a appris à canaliser sa fureur pour en faire une véritable signature. Mais la vraie force de l’album réside dans ses textes ancrés dans la réalité. Ici, pas de romantisme facile ni de posture rebelle en toc. Les Fraises Électriques parlent de fatigue sociale, de frustrations quotidiennes, de solitude et de survie émotionnelle. Le tout avec un mélange de cynisme, d’humour noir et d’éclairs de tendresse qui empêchent le disque de sombrer dans la simple colère. Chaque morceau ressemble à une scène vécue, captée sur le vif, transformée en décharge sonore. On pense parfois à une virée nocturne sortie d'un film de série B. Ailleurs, c’est le soleil cru d’un surf rock déglingué qui surgit, avant qu’un refrain glam ne vienne tout faire vaciller. Cette instabilité stylistique, loin d’être un défaut, donne au disque une tension permanente, comme s’il pouvait dérailler à tout moment. Tout n’est pas parfait : quelques titres tirent un peu en longueur et certaines expérimentations semblent plus instinctives que pleinement abouties. Mais c’est aussi ce qui rend Crispation Parasite attachant : on y entend un groupe vivant, en mutation, qui préfère le risque au confort. Au final, Les Fraises Électriques livrent un album sincère et profondément humain, qui parle autant aux tripes qu’à la tête. Un disque à écouter fort, tard, et sans mode d’emploi.


Jet Fraise : Batterie & voix
Maureen Fraise : Basse & voix
Horace Fraise : guitare solo & voix
Jack Fraise : Guitare rhythmique & voix


ou
en écoute sur You Tube

Les charts ne sont pas prêts. Moi non plus, mais j’appuie quand même sur record.😎

Bonne écoute et A+

PS : J'avais partagé l'album il y a 3 mois sur le blog de Pat (Francerock70) 

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